Un chemin d’automne 

« Les sanglots longs des violons de l’automne ne blessent pas mon coeur d’une langueur monotone. »   *

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Le mois d’octobre court et annonce déjà la venue de l’hiver. Les arbres se couvrent depuis quelques jours de grands manteaux de couleurs vives. L’air s’est rafraichi. L’atmosphère est humide et l’envie d’aller au bord de l’eau est toujours là. J’ai choisi une vallée que j’affectionne, suffisamment proche et suffisamment éloignée pour que s’y rendre ressemble à un petit voyage.

 

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Pour répondre à cette invitation, il est nécessaire de se préparer. Avec empressement j’ai réalisé le regroupement du matériel, du moulinet au gilet, des cannes aux boîtes. Avec un paquetage réduit, je suis exalté de pourvoir tester mes montages de ces deux dernières semaines. J’ai pensé pouvoir faire une partie de mouche sympa avec des chiros aux reflets métalliques si des bibios venaient à traverser mon chemin. Ma boîte contient également des buzzers, s’il n’y a pas trop de vent, dont un rouge qui fait penser à un ver de vase. Ce dernier a une seconde version avec un corps rouge flottant pour imiter l’éclosion du même vers sur la pellicule d’eau. J’ai complété avec des nymphes casquées, une petite perle-autruche et des palmers ainsi que des imitations de tipules, des mouches de saule, d’Anabolia aux ailes en cervidés avec corps en CDC, et d’émergeantes. Si j’ai préparé mon sac avec rapidité, vous comprenez que cela fut plus long pour la boîte, mais qu’à cela ne tienne, j’ai attrapé les clés et pris la route.

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Au creux de ce val, la maison du domaine est accueillante, chaleureuse. Plusieurs plans d’eau et une rivière sillonne au pied du bois, qui nous donne un lever de soleil chatouillant contrastant avec une eau un peu chargée ce matin. Déjà la surface frémit de-ci de-là avec quelques truites en activités. Pour ma part, je peine à surmonter les 9 degrés de ce début d’aurore tout en étant rêveur face aux couleurs du bois. La brise est légère, me permettant d’observer les berges, les savonnières, la pellicule d’eau ainsi que de déployer soie et bas de ligne sans trop d’efforts.

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J’opte rapidement pour un changement de pêche, car au départ, mon premier choix était porté pour pêcher au chironome avec ma canne de marque anglaise, équipée d’un long bas de ligne. Je ne suis pas complètement satisfait de la sensation et par ma première prise d’une arc. Ce matin, j’ai envie de fouetter un peu et je pense que cela peut être tout à fait adéquat par les conditions climatiques et par les clapotis de gobages qui ne sont pas pléthoriques mais très réguliers tout de même. Dans ces instants je ne fais pas preuve d’une grande prise de risque, et choisis une mouche d’ensemble, ma « mouche du Vieu ». Elle porte ce nom, non parce qu’elle a été transmise par un vieux pêcheur sur les rives d’un ruisseau, mais parce qu’elle est née d’une discussion avec mon grand-cousin. Il a comme talent en plus d’être mon fournisseur en plumes et poils, d’avoir toujours une joie de vivre à toute épreuve et de vives plaisanteries, qui m’ont donné l’idée de ce montage. C’est ainsi que ce montage porte son nom, la mouche de « D. Vieu ».

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Le fond de l’air se réchauffe, et l’eau porte des feuilles, brindilles et des insectes à la surface. Ma « mouche du vieu » est un peu mon anti bredouille, et m’a donné toute satisfaction, et mon observation me conduit à changer de stratégie encore une fois. J’opterai pour un tipule, monté sans corps détaché. Quelle surprise au premier posé dans la zone d’ombre… il sera gobé goulûment et cela toute la matinée, à la condition de respecter la protection des arbres. Je resterai donc un peu plus longtemps que prévu à de fraîches températures, pour faire une partie de pêche très agréable !

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Je quitte la rive avec la douce sensation d’avoir profité d’un temps éternel au bord de l’eau. J’ai pêché avec mes montages, posé au bon endroit et au bon moment. Que puis-je désirer d’autre que de revivre ce temps, un jour…

 * inspiré du poème de Paul Verlaine, chanson d’automne

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