L’AVENTURE

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Prends garde c’est l’instant où se rompent les digues
C’est l’instant échappé aux processions du temps
Où l’on joue une aurore contre une naissance

Bats la campagne
Comme un éclair
Répands tes mains
Sur un visage sans raison
Connais ce qui n’est pas à ton image
Doute de toi
Connais la terre de ton cœur
Que germe le feu qui te brûle

Que fleurisse ton œil

Lumière.

Paul Eluard, Les Mains libres,1937

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Stéphane Larroque, le pêcheur de lumière

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Il y a des images qui vous transportent, vous bouleversent. Il y a des photographes qui au travers de leur regard, posent avec délicatesses et délices, les décors de montagnes et ruisseaux si chers à mon cœur.

Photos Pyrénées Couserans -  Etang de Lers

Stéphane Larroque vit à Toulouse, originaire des Pyrénées, du Couserans. Il réalise des photos avec des poses longues, qui sont une évocation du plaisir que je ressens au bord d’une eau, d’un torrent. Lorsque je contemple ses clichés je perçois les propos de Henri Cartier-Bresson : « Le temps court et s’écoule et notre mort seule arrive à le rattraper. La photographie est un couperet qui dans l’éternité saisit l’instant qui l’a éblouie ».

http://www.stephane-larroque.com/

Paysage Couserans

  • premier cliché : Stéphane Villaine par Stéphane Larroque

Phaesant tail sous la brume

J’apprécie la bonne compagnie, les amis et copains qu’ils soient discrets ou bruyants. J’aime les cuisines simples et d’autres bien plus corsées et je me retrouve souvent face au dilemme d’aimer la ville et son activité frénétique ainsi que la solitude au bord des cours d’eau. Depuis tout jeune, j’ai ce tiraillement entre deux pôles dans bon nombre de mes choix.

Je me suis dirigé à l’eau ce matin, avec une crainte de brume persistante. A 8h, avec mon café chaud, je n’ose monter ma canne mouche tellement la brume murmure à l’oreille de l’eau. Mais cette discussion sera furtive, car un rayon lumineux viendra troublé le dialogue de ce duo, pour relever le brouillard à quelques mètres au dessus de la cime des arbres.

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Le fond d’air est un peu humide, et la température proche des 8 degrés. Je ne perçois pas d’activité à la surface des eaux et je monte avec lenteur ma canne. Ce matin, j’hésite à débuter par le plan d’eau, je ne sais pourquoi je n’ai pas une envie débordante pour lancer. Je crois que la rivière sera pour sa part bien plus accueillante à cette heure. Étant le seul visiteur et j’ai le choix des postes, alors sous ce plafond qui se fait de moins en moins bas, je débuterai par le ruban de rivière. L’idée restera en mémoire de me rapprocher du plan d’eau en fin de matinée, où il est possible que ces demoiselles farios et arcs en ciel puissent danser à la surface.

Avec un pas léger dans l’âme par ce choix, je ménage mon arrivée au bord de la rivière afin de diminuer les risques d’être vu par ces occupantes. Équipés d’un bas de ligne long, à plus de 4,25 mètres pour une canne de 10 pieds, je fixe une mouche sur un fin diamètre de nylon, u corps de faisan avec thorax en herl de paon. Cette mouche n’est absolument pas lestée vu l’absence de courant, elle doit descendre dans l’eau avec un ralenti exquis. Il est possible de se questionner sur cette chute sans animation que certain qualifierait de sobre, approchant l’échec de mouvement réaliste. Mais cette sobriété, peut-être, cette austérité s’approche d’un moment inéluctable où une truite prononçant d’infimes refus prend l’artificelle nymphe en repas. Cette descente était bien une invitation à ce poisson, qui eut cinq approches et quatre détournements ; la vitesse plus importante n’aurait pas été adéquate. Il est rare face à mes habituelles sorties de réussir aussi vite ma première prise.

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L’eau se charge de brindilles, de feuilles et pourtant les lancers sont réalisables sans trop de gênes et avec plaisir, car cette petite phaisant tail sur hameçon de 16 mène une grande bataille ce matin. Elle est convoitée à chaque poste, me laissant jamais plus de deux lancers, avec des montées d’adrénaline à chaque prise. Quel plaisir…

Au milieu de la rivière, je change de nymphe pour une caddis puppa, avec une tête en bille blanche, un dubbing jaune pâle intégrant des fibres de cdc et un corps en latex au reflet jaune pâle. Elle est intéressante cette petite, elle attire des truites plus actives.

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Avec cette réussite, je m’aventure à tester une nymphe en autruchon noir avec grand plaisir également. Ainsi le temps filant me rapproche de la pause méridienne, je change mon moulinet pour aller faire quelques lancers. À cette saison, les daddys long legs sont régulièrement des alternatives opportunes, pourtant malgré les ombres et un bas de ligne bien dégraissé, je n’essuie que des refus sur cette artificielle. J’ai en l’espace de trente minutes observé, changé de mouche sans succès.

Dans ces cas, je reviens aux fondements, étant égal à moi même après des montages modernes j’ai monté lors des semaines précédentes des mouches très à la mode… à la mode en 1929. J’opte donc pour une gray wulff, certes beaucoup de pêcheurs l’emploient au printemps pour sa flottaison haute sur des courants. Mes observations m’ont porté à les utiliser en automne, dans les tons gris/orangé sur des petits hameçons courts, en 14 ou 16 selon les marques. Les conditions climatiques sont importantes à mes yeux, je la pose sur l’eau par temps gris, voir pluvieux. Cette imitation de l’éphémère danica à son stade de sub-imago de Lee Wulff, sera la réussite de la pause méridienne, à la suite je rangerai mon gilet avec la pleine satisfaction de cette matinée.

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Biodiversité : plante aquatique

Je vous présente un extrait d’un MOOC, un cours en ligne ouvert et massif, diffusés sur plateforme.

Celui-ci est hébergé par l’UVED (Université Virtuelle Environnement et Développement Durable), à la découverte de la biodiversité des milieux terrestres et aquatiques continentaux – les végétaux aquatiques.

Les noeuds de bas de ligne

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Le précédent post présentait les raccordements sur la soie. Également , je vous ai partagé la construction du bas de ligne (nobel et BDL). Je poursuis donc ce nouvel article par les noeuds du corps de bas de ligne.

J’utilise pour les diamètres du 50/100e au 20/100e, le noeud « baril« . Ce noeud est simple, il demande à être humidifié avant le serrage pour éviter l’échauffement et la rupture. Ce noeud est plat, et enduit d’une goutte de résine UV, il repasse les anneaux avec facilité.

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Je réalise l’accroche du micro anneau avec un noeud « du pendu« . Ce noeud est tès simple pour changer l’avant pointe, mais il s’avère parfois plus hardue de ne pas perdre le micro anneau. J’ai déjà ratisser l’herbe avec l’aimant d’épuisette à la recherche de ce petit anneau fugueur.

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Autrement vous pouvez également réaliser une boucle de « potence » afin de fixer votre sèche indicatrice, en réalisant une boucle que vous torsadez au moins 3 fois,  comme ci-dessous.

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Pour raccorder l’avant pointe et la pointe je reviens à un noeud « du chirurgien » simple, rapide et solide. Arrivant sur des fins diamètre de 20/100e à plus petit, je n’utilise plus à ce stade de vernis, bien sûr les noeuds doivent être légèrement humidifié avant de les serrer, pour éviter l’échauffement de ces derniers et leurs possible ruptures.

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En toute fin de pointe, nous devons fixer la mouche, et ce noeud « improved clinch » est invariablement celui que j’ai choisi. Il n’y a aucune satisfaction à perdre une truite au gobage d’une sêche, si cette dernière a été raccordé avec négligeance. Si à mes début je faisais un noeud simple comme le premier exemple ci-dessous, je n’ai pas garder cette formule suite aux déconvenues. Alors je préfère le second, avec un simple retour dans la grande boucle, il est assuré de tenir correctement.

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Les noeuds de raccords soie

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Je partage les quelques noeuds qui au bord de l’eau me permettent de réaliser les jonctions et d’éviter quelques décrochés. Le sujet de ce post n’a donc aucune vocation thérapeutique, je n’évoquerai pas les noeuds du cerveau avec vous. Ils sont variés (les noeuds de pêche) de la fixation au moulinet du backing, jusqu’à la mouche. Voici ceux que j’utilise pour ce premier post sur le raccordement soie.

Commençons par fixer le backing avec un noeud « Arbor » solide et simple, il est coulissant et auto-serrant  sur la bobine.

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Afin de raccorder le hacking à la soie, le noeud « Albright » me permet une fixation d’un volume raisonnable dans la bobine et solide. Lorsqu’il est finalisé par une goutte  de vernis UV, il a une forme d’olive et repasse dans les anneaux si vous veniez à faire une prise en diamètre de nylon fin en lac ou grande rivière. Ce noeud demande un peu d’entrainement afin de conserver les cercles jointifs et réguliers.

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Pour relier le bas de ligne (BDL) à la soie, j’utilise un outil et le nouage qu’il confectionne. Certains manient l’aiguille pour cette opération, mais je n’ai pas leur agilité et surtout j’ai eu des déconvenues, alors le Tie Fast me permet de réaliser cette jonction durablement.

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La finalisation du noeud « Nail » sera avec une goutte en forme d’olive de résine UV. C’est en entourant la pointe du Tie Fast par le BDL que le noeud en spires jointives sera réaliser.

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Fil, plumes & soie floss 

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Vivre au rythme des saisons, nous amène à envisager d’intensifier la création de nos mouches artificielles. Le temps nous permet de moins fouler les bords des rives, et nous appelle à notre table de montage. J’affectionne ces moments où je réalise mon programme d’hiver. Car c’est l’occasion d’ouvrir les boites et d’observer les vides. C’est moins le labeur de reconstituer des séries qui m’assaille que la rêverie qui s’éveille en moi. Chaque vide, me ramène à un lieu, un moment agréable de cette saison de peche 2016.
Comme dans cette orée de bois, en mai, où les arbres montent en forme de charpente de cathédrale accompagnant le parcours mouche. Cette eau claire avec un fin courant glisse sur des gravières jusqu’au pont, puis ouvre sur des roches où je me suis accroché maintes fois, et perdu mes nymphes en masqué de lièvre. Après plusieurs lancés, et plusieurs jours j’ai piqué une petite fario. Je m’en rappelle encore jusqu’à la mousse de la roche, jusqu’au odeur d’aubépine. Voici mon plaisir d’ouvrir les boites pour refaire mon programme de montage.

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Alors je citerai : « Qu’aujourd’hui étreigne le passé dans le souvenir, et le futur dans le désir » de Khalil Gibran (Le temps, les prophète, 1923)

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Également ce programme va me permettre de tester de nouveaux modèles en fonction des observations de l’année. Je continue la rédaction sommère d’un livre de bord, où je note certains points de mes sorties de pêche. Je devrai développer ainsi des imitations des insectes croisés en fonction des mois. Et biensûr, je sais déjà que 2017 sera sur un nouveau terrain de jeu m’offrant de la créativité. Alors l’impatience me prend, je n’écrirai guère plus et file sortir mon fil, les plumes et la soie floss.

Je ne ménage pas mes efforts, je projette naturellement  de monter des mouches classiques car elles ont été des artificielles efficaces encore cette année. Je ne vous citerai que la « royal coachman », la « altière », la « peute », ou la « grey wulff ».

Le monde perdu de M. Hardy

J F Kerman« The Lost World of Mr Hardy », un documentaire de Andy Heathcote et Heike Bachelier.

Autrefois les gens ont fait des choses de leurs mains, des belles cannes à pêche et des mouches. Hardy l’a fait au mieux et a été aimé dans le monde entier.

« Once upon a time people made things with their hands, beautiful cane fishing rods and exotic salmon flies. Hardy’s did this the best and were loved the world over. Adored by royalty, maharajas and film stars, they employed an army of craftsmen, made their own movies and brimmed with confident pride. But globalisation means their heyday has long gone. Do we mourn the loss of the handmade? Could it reflect a deeper need in our everyday life?
A documentary by Andy Heathcote and Heike Bachelier celebrating quality, the longevity of the craftsman’s hand and the essence of angling. »

Being but men, we walked into the trees,

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Being but men, we walked into the trees

Afraid, letting our syllables be soft

For fear of waking the rooks,

For fear of coming

Noiselessly into a world of wings and cries.

If we were children we might climb,

Catch the rooks sleeping, and break no twig,

And, after the soft ascent,

Thrust out our heads above the branches

To wonder at the unfailing stars.

Out of confusion, as the way is,

And the wonder, that man knows,

Out of the chaos would come bliss.

That, then, is loveliness, we said,

Children in wonder watching the stars,

Is the aim and the end.

« Being but men, we walked into the trees »

by Dylan Thomas