Sous une éclaircie,

Au déclin d’une saison, nous devons développer bien des efforts pour profiter de quelques brefs moments de beauté. Bien avant le lever du jour, je me suis mis en quête d’un coin d’eau propice pour nympher et c’est sous la brume que mon périple m’amène dans l’Essonne. Protégé du vent au creux d’une colline, il faut descendre un chemin légèrement abrupte pour rejoindre le domaine.

L’eau y est calme, dégagée de feuilles qui déjà virevoltent lentement pour s’échouer de façon éparses sur la surface. Au petit matin l’étendue est calme, sans un sillon, mais l’eau est si claire que je peux observer les truites, sous l’eau, déjà en activité d’alimentation. Pourtant mon attention sera complètement détournée par les chants qui s’élèvent des bois alentours. Est-ce dû au changement de plumage pour se préparer à l’hiver approchant, ou à la protection du territoire à la menace d’un autre volatile ? En tout cas, assez proche de moi, un oiseau a décidé par un chant gracieux et séduisant de me faire  profiter pleinement de longues minutes de  concerto.

L’eau claire a des reflets changeants par des fonds vert/marron métalliques ou gris. Cela ne me permet pas d’utiliser n’importe quelle nymphe. Je porte mon dévolu sur une caddis pupa, #16, sans aucun lestage. Ma pointe de bas de ligne doit être suffisamment discrète (soit de 14/100e ou même de 12/100e) pour éviter les rejets qui seront marqués en ce début de matinée. Quel plaisir de pouvoir accompagner sous la pellicule la descente très lente de la nymphe, de pouvoir observer l’accélération de la truite vers cette imitation. Le succès se répète régulièrement, me permettant de voir les robes de truites communes, arcs en ciel, tigrées ou fario.

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Le soleil apparait, et sa magie l’accompagnant, l’eau s’anime de quelques éclosions. Entre les fines feuilles jaunes, déjà dansent les insectes de petites tailles d’une teinte gris clair ; puis s’en suit quelques Limoniidaes (tipules). Cette danse aux bords de l’eau et sur sa surface m’achemine à changer de bobine, et à me lancer dans l’aventure de fouetter quelques mouches sèches. Je sais que la raison, au vu du peu de gobages devrait me faire rester sur une pêche à vue, mais l’atmosphère se réchauffant m’entraine à un peu plus d’excentricité. Je trouve alors une petite veine d’eau, où je pense que ces demoiselles les truites s’organisent, un regroupement à quelques mètres plus bas, pour profiter d’un festin porté par le frêle courant.

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J’ai attaché mon petit palmer, lentement déroulé de la soie au sol. Avec un pas mesuré, j’ai choisi mon emplacement pour fouetter un minimum de fois puis poser. Je dois réussir à rendre visible mon palmer entre les quelques feuillages flottants. Mon attente fut si courte, la mouche à peine posée que l’eau s’agite et fait apparaitre la gueule de la truite convoitée. Ma soie est tendue, pliant la canne si rapidement que je relâche la soie pour ne pas prendre le risque d’une casse par trop de bride. Je jubile intérieurement du succès de mon excentricité, comme un enfant venant de franchir un fossé ou de dévaler une pente ardue avec son vélo…

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Le relâché, vu l’éloignement de l’eau, est plus périlleux. Après une accrobatie réussie sans malmener le poisson, je parviens à l’amener dans son écrin et lui permet de retrouver son orientation. Elle partira avec des coups de queue énergiques.

Ai-je pris, dans ma boite, mon montage sans corps détaché de tipule ? Car autour de moi les vols de ces insectes deviennent plus importants, et les eaux vont s’agiter. L’experience est attirante, et ma boite est bien complète, j’ai le choix en modèle et en taille, pour m’engager dans un nouveau lancer, à quatre-vingt centimètres en aval du précédent.

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Dès le lancer, je me décale légèrement pour sortir du reflet que le ciel laisse sur l’eau. Quelle surprise, de revivre l’apparition d’une arc en ciel. Au ralenti, elle se hisse vers mon tipule dont les pattes sont étalées sur la première pellicule. L’adrénaline me prend.

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Je reviendrai durant cette magnifique journée, dès que les nuages marqueront le ciel, à la nymphe à vue avec beaucoup de plaisir. Avec ces émotions, j’ai oublié, tout oublié au bord de l’eau. J’ai omis mon agenda professionnel, le poids dans les jambes, et même le déjeuner. J’ai été pleinement dans l’instant présent. Attentionné au temps qui passe et change, aux sons qui m’environnent et intensément en observation du microcosme de la nature m’entourant.

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La pêche de la truite, Lucien Perruche (1922)

Il y a des jours pluvieux, où notre famille se réunit pour un rituel. Sur des musiques choisies par nos soins, nous lisons ensemble. Blottis sur l’un des canapés, sièges ou toute autre assise,  nous partageons ce temps et nous échangeons. Ce temps me permet de faire découvrir aux enfants quelques musiciens comme ils aiment partager leurs artistes. Sur des sons blues, je projetais de lire Hemingway mais mon attention fut accaparée par l’ouvrage de Lucien Perruche  » La truite et le saumon à la mouche artificielle ». Que voulez vous, on ne se refait pas…


J’affectionne ce vieux papier et vous n’en serez pas surpris, l’indémodable bon sens de grandes parties de l’ouvrage car monsieur Perruche est moucheur. Construits en trois parties allant de la truite, au saumon et enfin en troisième partie la truite de mer, l’ombre, chevesne… L’auteur s’est attaché également l’écriture de J.  d’Or Sinclair (ou Paul de Beaulieu). Biensûr ce livre à quelques planches de pêcheurs illustrant la technique de lancer.

J’ai trouvé également au fil des pages, une recette de vernis pour le montage de mouche, plus précisément pour la finition de la tête  :  » on peut utiliser pour cela du vernis copal ordinaire à l’alcool ou mieux  encore du vernis au celluloïd que l’on préparera ainsi : on mélange 50 centimètres cubes d’acétone et 50 centimètres cubes d’acétate d’amyle que l’on place dans un flacon bien bouché. On y ajoute 10 grammes de celluloïd. On laisse en contact en agitant de temps en temps jusqu’à dissolution complète, ce qui demande plusieurs heures. Si ce vernis est jugé trop fluide ou épais, il est facile de modifier sa viscosité en reduisant ou augmentant la  proportion de celluloïd. ». Nous trouvons également de l’entomologie et une monographie de mouches.

Je dévore les pages, en oubliant même de reprendre mon tour pour la diffusion musicale, à la joie de mes enfants qui enchaînent les albums qui me conviennent parfaitement.


Nous trouvons dans ce livre également un chapitre sur « l’étiquette de la pêche  à la mouche » et je vous laisse profiter du propos à cette fin d’article.

Un chemin d’automne 

« Les sanglots longs des violons de l’automne ne blessent pas mon coeur d’une langueur monotone. »   *

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Le mois d’octobre court et annonce déjà la venue de l’hiver. Les arbres se couvrent depuis quelques jours de grands manteaux de couleurs vives. L’air s’est rafraichi. L’atmosphère est humide et l’envie d’aller au bord de l’eau est toujours là. J’ai choisi une vallée que j’affectionne, suffisamment proche et suffisamment éloignée pour que s’y rendre ressemble à un petit voyage.

 

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Pour répondre à cette invitation, il est nécessaire de se préparer. Avec empressement j’ai réalisé le regroupement du matériel, du moulinet au gilet, des cannes aux boîtes. Avec un paquetage réduit, je suis exalté de pourvoir tester mes montages de ces deux dernières semaines. J’ai pensé pouvoir faire une partie de mouche sympa avec des chiros aux reflets métalliques si des bibios venaient à traverser mon chemin. Ma boîte contient également des buzzers, s’il n’y a pas trop de vent, dont un rouge qui fait penser à un ver de vase. Ce dernier a une seconde version avec un corps rouge flottant pour imiter l’éclosion du même vers sur la pellicule d’eau. J’ai complété avec des nymphes casquées, une petite perle-autruche et des palmers ainsi que des imitations de tipules, des mouches de saule, d’Anabolia aux ailes en cervidés avec corps en CDC, et d’émergeantes. Si j’ai préparé mon sac avec rapidité, vous comprenez que cela fut plus long pour la boîte, mais qu’à cela ne tienne, j’ai attrapé les clés et pris la route.

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Au creux de ce val, la maison du domaine est accueillante, chaleureuse. Plusieurs plans d’eau et une rivière sillonne au pied du bois, qui nous donne un lever de soleil chatouillant contrastant avec une eau un peu chargée ce matin. Déjà la surface frémit de-ci de-là avec quelques truites en activités. Pour ma part, je peine à surmonter les 9 degrés de ce début d’aurore tout en étant rêveur face aux couleurs du bois. La brise est légère, me permettant d’observer les berges, les savonnières, la pellicule d’eau ainsi que de déployer soie et bas de ligne sans trop d’efforts.

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J’opte rapidement pour un changement de pêche, car au départ, mon premier choix était porté pour pêcher au chironome avec ma canne de marque anglaise, équipée d’un long bas de ligne. Je ne suis pas complètement satisfait de la sensation et par ma première prise d’une arc. Ce matin, j’ai envie de fouetter un peu et je pense que cela peut être tout à fait adéquat par les conditions climatiques et par les clapotis de gobages qui ne sont pas pléthoriques mais très réguliers tout de même. Dans ces instants je ne fais pas preuve d’une grande prise de risque, et choisis une mouche d’ensemble, ma « mouche du Vieu ». Elle porte ce nom, non parce qu’elle a été transmise par un vieux pêcheur sur les rives d’un ruisseau, mais parce qu’elle est née d’une discussion avec mon grand-cousin. Il a comme talent en plus d’être mon fournisseur en plumes et poils, d’avoir toujours une joie de vivre à toute épreuve et de vives plaisanteries, qui m’ont donné l’idée de ce montage. C’est ainsi que ce montage porte son nom, la mouche de « D. Vieu ».

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Le fond de l’air se réchauffe, et l’eau porte des feuilles, brindilles et des insectes à la surface. Ma « mouche du vieu » est un peu mon anti bredouille, et m’a donné toute satisfaction, et mon observation me conduit à changer de stratégie encore une fois. J’opterai pour un tipule, monté sans corps détaché. Quelle surprise au premier posé dans la zone d’ombre… il sera gobé goulûment et cela toute la matinée, à la condition de respecter la protection des arbres. Je resterai donc un peu plus longtemps que prévu à de fraîches températures, pour faire une partie de pêche très agréable !

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Je quitte la rive avec la douce sensation d’avoir profité d’un temps éternel au bord de l’eau. J’ai pêché avec mes montages, posé au bon endroit et au bon moment. Que puis-je désirer d’autre que de revivre ce temps, un jour…

 * inspiré du poème de Paul Verlaine, chanson d’automne

Le prix Nobel ou la quête inachevée du BDL

Je suis un de ces humains, qui ne brillera pas par la remise d’une distinction telle que le prix Nobel. Mes compositions de bas de ligne de ces dernières années étaient un défi aux lois des mathématiques et de la physique. Bien souvent, ces lois furent victorieuses face à mes fouettés tout en souplesse, ou tout énergiques fussent-ils.

Alors un jour, j’ai décidé d’entreprendre une vraie observation et de prendre le chemin de la quête du bas de ligne. Une quête quelque peu inachevée, car je prends parfois bien du plaisir à me plonger dans des formules. J’aime relever des défis pour trouver enfin, le bas de ligne aux mesures efficaces ou atteindre la satisfaction d’une construction uniquement en chiffre d’or. Surtout, je souhaite conserver l’énergie du lancer et éviter les désagréments d’un posé de mouche à l’image d’un atterrissage d’un bombardier B52.

J’ai choisi quelques critères pour développer des bas de lignes différents. J’utilise déjà une clé simple liée à mes soies, que je préfère flottantes ou intermédiaires (pour mes soies de 3 à 5 et mes soies de 6 à 7). Puis, je m’applique la règle suivante : monter un bas de ligne pour rivière ou de réservoir. Je m’excuse par avance auprès de tous mes collègues qui pêchent en ruisseaux et torrents étroits, je ne proposerai pas de bas de ligne pour eux. Mon habitat naturel ne me prodigue pas ces endroits merveilleux.

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Avec ce choix de soie et de condition d’environnement, je peux alors me concentrer sur le choix final et absolument arbitraire de pêcher en sèche (que j’affectionne au plus au point !) ou en nymphe. Donc avec perspicacité vous avez compilé les indices et vous pouvez vous attendre à 6 formules différentes. Je commencerai peut-être par 2 compositions qui correspondent à l’action de canne et au rythme du pêcheur, qui pour ma part est un rythme lent.

J’additionne les fils de nylon de manière dégressive, et parfois progressive. J’ai choisi un corps de bas de ligne qui associe les plus gros diamètres du 50/100 ou 45/100 au 25/100, puis une avant pointe et enfin une pointe. La pointe sera déterminée en fonction du lieu de pêche pour adopter un nylon ayant une souplesse et élasticité adéquate et un diamètre suffisamment discret mais solide pour permettre la prise. Je préfère les noeuds barils pour réaliser les jonctions du corps de bas de ligne, jusqu’à la micro boucle ou le micro anneaux ; pour la pointe je noue avec le noeud  du chirurgien.

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Je construis le corps de ligne en utilisant du Maxima « Chameleon » ou du JMC « Kamoufil » jusqu’à la micro boucle. Les pointes sont confectionnées avec du Varivas, ou bien du Hanak, Vision.

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Le bas de ligne est un sujet inépuisable, fort intéressant et qui nous questionne durant nos parties de pêche, et bien au delà.

Salon de la mouche Paris-Etampes

Le FISHING SHOW se tiendra du 02 au 04 décembre 2016, près d’Etampes.

 

Impression

Le programme :

VENDREDI 14h/20h
L’atelier de Filouche & l’Eclimont et ses lamas avec l’association Grégorie Lemarchal.
Montage de mouche Eau Douce et Mer toute la journée Démonstration de lancer sur le bassin
Initiation de Lancer et Montage par et pour les femmes A partir de 14H00 Concours amical de lancer sur cible Concours de montage de mouche
A 15H00 Présentation sur le stand fishbone de sa technique de pêche à la nymphe A 16H00 Sur son stand, Exposé sur le Montage d’un Bambou Refendu

SAMEDI 10h/19h
L’atelier de Filouche & l’Eclimont et ses lamas avec l’association G. Lemarchal.

Montage de mouche Eau Douce et Mer toute la journée Démonstration de lancer sur le bassin Initiation de Lancer et Montage par et pour les femmes A partir de 14H00 Concours amical de lancer sur cible Concours de montage de mouche

A 11H00 et 16H00 Stand Exposé sur le Montage d’un Bambou Refendu A 15H00 Présentation sur le stand fishbone de sa technique de pêche à la nymphe

DIMANCHE 10h/17h
L’atelier de Filouche & l’Eclimont et ses lamas avec l’association Grégorie Lemarchal. Montage de mouche Eau Douce et Mer toute la journéeDémonstration de lancer sur le bassin

A 11H00 Présentation sur le stand fishbone de sa technique de pêche à la nymphe

Initiation de Lancer et Montage par et pour les femmes
A partir de 14H00 Concours amical de lancer sur cible
Concours de montage de mouche
A 14H00 Stand Exposé sur le Montage d’un Bambou Refendu
ET AUSSI
-Ruben Groenendijk – G2 Montage de Mouche sur le stand de planet fly fishing