Flyfinshing Suède

Flyfishing from  Niklas Karlström on Vimeo.

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C Royal !

L’été est le temps propice à la rêverie, se prélasser devient un objectif. Pour ma part, j’avais chargé les cannes au cas où. Enfin « au cas où  » ? Je guettais le moindre sentier, glissant vers une eau, dans cette région inconnue. C’était sans compter sur un lieu idéal se dressant sur les berges de l’Aveyron et une belle rencontre, d’un voisin généreux nous proposant une partie de pêche au Fouet.

(La rivière Aveyron dans le Tarn et Garonne)

Aussitôt dit, aussitôt prêt pour découvrir une rivière avec de beaux courants. Au barrage, après l’émoi de la découverte, notre voisin M R. Roux nous partage par une main entrouverte ce qui fera notre succès de l’été. Au coup du soir, elle est l’obsession des chevesnes.

Chevesne royal ou « royal coachman » ? Dire que ce succès a presque 140 ans !

Je ne pouvais que courir à l’étau … (et oui, les cannes n’étaient pas seules dans mon coffre et dans cette région inconnue ! )

Créé par John Haily en 1878, monteur professionnel New-Yorkais, la « Royal Coachman » est un dérivé d’une mouche noyée dont le corps est en herl de paon. La noyée « Coachman » (1830) de Tom Boswort doit son nom au fait, que son inventeur était le cocher du roi de Grande-Bretagne et d’Irlande GeorgesIV.
John Haily monta donc cette mouche avec une bande de soie rouge au milieu du corps de herl de paon pour satisfaire le souhait de solidité et de résistance d’un client pêchant les eaux froides du nord des États Unis. Il y ajouta également une queue en collerette de faisan doré. Elle inspirera Lee Wulff, en 1929, qui montera ses « Gray & White Wulff » (ci-dessous photo : lemoucheux.ca).

L’étreinte d’un ruisseau

Quand je remonte dans mes souvenirs, c’est une petite rivière qui marque mon enfance. Une rivière, un camarade de vacances, et mon père… Voilà le décor de vacances merveilleuses dans une maison du Cantal. La maison est en pierres grises, au fond d’une impasse qui mène presque à la place du village avec sa fontaine et son église. Je suis sûre que vous possédez de tel lieu dans vos mémoires ou aujourd’hui. Des lieux de liberté où l’on peut, enfant, partir à l’aventure.

 

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(photo : atelier Simon Teyssou architecture)

 

A cette époque mon père pêche au lac, du brochet et du sandre. Je le vois encore préparer, agencer, ses cannes et mallettes. Nous nous levions avant le soleil pour s’installer au bord de l’eau, à une heure où même la brume préfère rester immobile. Pour permettre ces moments bénis, il faudra que j’apprenne à escalader, crapahuter avec cannes et boîtes, avec un certain nombre d’objets qui ne permettent pas un déplacement facile dans les sous-bois et sur les roches. Mon père a le chic de choisir des lieux sauvages et inhospitalier, ce « sont les meilleurs coins » bien sûr. J’ai compris à 8 ans que pour un bel ouvrage ou un doux moment, nous devions y consacrer du temps, de l’investissement, de l’énergie, de la préparation.

 

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 (Lac Saint Etienne Cantalès)

 

La veille d’une partie de pêche, mon père devait alimenter son bac de vifs. Et c’est au bout des prés, au milieu des herbes hautes que je m’accomplissais. Comment décrire le ruisseau du Pontal, tellement les images m’assaillent. Ces petits lacets, qui me paraissaient immenses pour mon âge, étaient autant de parcours de découvertes. Les couleurs changeantes des fonds en fonction de la densité des arbres ou arbustes, tant de cailloux jusqu’aux sols sablonneux, de roches aux petits herbiers, sont dans mes souvenirs des couleurs de kaléidoscope toujours vivaces. Ce ruisseau coure dans les prairies autour du village et nous ne pouvions faire à peine un quart de son parcours en une après-midi. Quel plaisir d’être là, au milieu de cette nature. Quelle découverte ! Ces insectes autour, sur et sous les roches ; aux formes et couleurs si variées ! Et suivre cette eau, glissant proche d’une berge, lovant un rocher, s’agitant en petit torrent et retrouver une accalmie aux pieds de savonnières.

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C’est au son du ruisseau de Pontal, sur ses berges à Glénat dans le Cantal, que mon père m’a fait un cadeau, celui de me transmettre son amour de l’eau et de la pêche.