Quand, dis moi quand ?

Nous avons construits depuis des temps illustres nos maisons et nos villages au bord de l’eau. De la plus simple construction, à la plus importante nous avons la nécessité d’être proche de cette ressource. Elle est bien plus qu’une ressource matérielle, et elle est devenue cruciale dans la course effrénée de notre société « moderne ». Je ne lance pas dans un écrits écolo-contestataire du libéralisme galopant, je vous rassure.

La rivière est pour moi, un élan de poésie et de méditation. De mes souvenirs les plus lointain, l’eau est présente. J’ai en mémoire ses couleurs, son courant qui vient marqué des ondulations au contact des roches ; la palette de tonalité des sables et gravières. Son microcosme, avec sous les blocs de minéraux les portes bois, dans les fonds ou algues les gammares et nymphes, ont été autant de moment d’observation lorsque nous récoltions avec nos bocaux. Et c’est dans les années 80, enfant, que je découvre d’où vient l’eau de ma rivière.

Penser qu’une pluie battante s’est abattue sur une vallée et une plaine, il y a des décennies pour alimenter les sources, cela vous change un gamin. Penser qu’en ce temps, sous cette pluie, un homme a travaillé à son métier de paysan, d’artisan. Que cette eau nous revient aujourd’hui, dansante et chantante dans le lit de notre rivière. Lorsque que je vais près de mes rives, voilà qu’elles sont mes pensées, à ce présent ancré dans le passé, à ce pont qui enjambe deux rives du temps. Peut-être que si je me fige, si je me mets à l’écoute, ma rivière me glissera quelques paroles de ces hommes. Je sais que bien de mes prédécesseurs l’ont regardé avant moi, que cette eau poursuivra son histoire vers nos enfants lorsque je serai depuis longtemps disparu. Alors j’attends dans une disponibilité de pensées que les minutes s’égrainent, du lever du jour aux premières éclosions, car dans ces moments tout est possible. Aux côtés de ma rivière, je me sens simplement être présent.

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Le sorcier de Vesoul de Vincent Lalu

Cet ouvrage relate la vie de Monsieur Bresson Henri, entre biographie et partage de vie de ce grand pêcheur Franc Comtois par Vincent Lalu. Je prends un plaisir réel à la lecture de ce livre. D’une simplicité dans les mots, il est vecteur de poésie. Il traverse une histoire si proche des années 20 aux années 80.

Vous suivrez de l’enfance jusqu’à la création de la « french tricolore » et de la « peute » et de son commerce, le Chalet du pont à Vesoul. Vincent Lalu retraduit tout à fait l’état de contemplation que nous pouvons vivre en temps que moucheur face à nos courants. Avec parcimonie, je découvre entre les lignes ces questions qui m’accompagnent pour faire progresser ma technique et que je puisse un jour me sentir un peu sachant au bord de ma rive. Je partage aussi ce goût des longs bas de ligne, grâce à la guidance de mon professeur attitré.

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« j’essayais seulement d’être réaliste. […]  C’est ainsi que j’ai commencé à utiliser de mouches plus foncées quand je les voyaient plus claires sur l’eau, que j’ai compris que sur certaines éclosions la taille plus que la couleur était importante et que parfois c’était l’inverse. »

Les mots glissent et se dévorent, pour qu’au présent nous prenions leçon du passé et entendre résonner les vies contées des anciens.

Le monde perdu de M. Hardy

J F Kerman« The Lost World of Mr Hardy », un documentaire de Andy Heathcote et Heike Bachelier.

Autrefois les gens ont fait des choses de leurs mains, des belles cannes à pêche et des mouches. Hardy l’a fait au mieux et a été aimé dans le monde entier.

« Once upon a time people made things with their hands, beautiful cane fishing rods and exotic salmon flies. Hardy’s did this the best and were loved the world over. Adored by royalty, maharajas and film stars, they employed an army of craftsmen, made their own movies and brimmed with confident pride. But globalisation means their heyday has long gone. Do we mourn the loss of the handmade? Could it reflect a deeper need in our everyday life?
A documentary by Andy Heathcote and Heike Bachelier celebrating quality, the longevity of the craftsman’s hand and the essence of angling. »