L’orage

Te rappeles-tu ces matins, à prendre la voiture pour serpenter sur les routes, passer les ponts de pierres et longer les allées de châtaigniers, d’ormes ? Te rappelles-tu ces odeurs de forêts, de mousses et sur une cassette audio, il y avait ce Monsieur qui égrainait ses mots, ses textes, ses poèmes ? Georges est un musicien, un auteur, un homme que tu découvres et que tu apprécies différemment à chaque âge de ta vie ; tu peux entendre ces bons mots et rigolades quand tu es enfant ; adolescent, tu perçois sa conviction politique et ainsi de suite à chaque décennies du découvres une facette de ses textes. Georges est mon enfance,  ma rébellion, ma sensibilité et ma conscience politique.

Aujourd’hui il sera un orage…

« Parlez-moi de la pluie et non pas du beau temps
Le beau temps me dégoute et m’fait grincer les dents
Le bel azur me met en rage
Car le plus grand amour qui m’fut donné sur terr’
Je l’dois au mauvais temps, je l’dois à Jupiter
Il me tomba d’un ciel d’orage

Par un soir de novembre, à cheval sur les toits
Un vrai tonnerr’ de Brest, avec des cris d’putois
Allumait ses feux d’artifice
Bondissant de sa couche en costume de nuit
Ma voisine affolée vint cogner à mon huis
En réclamant mes bons offices

[…]

En bénissant le nom de Benjamin Franklin
Je l’ai mise en lieu sûr entre mes bras câlins
Et puis l’amour a fait le reste
Toi qui sèmes des paratonnerr’s à foison
Que n’en as-tu planté sur ta propre maison
Erreur on ne peut plus funeste

[…]

A partir de ce jour j’n’ai plus baissé les yeux
J’ai consacré mon temps à contempler les cieux
A regarder passer les nues
A guetter les stratus, à lorgner les nimbus
A faire les yeux doux aux moindres cumulus
Mais elle n’est pas revenue »

L’orage, de G. Brassens

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