French Tricolore

Nous devons à Henri Bresson de magnifiques montages, brillants dans leur confection comme dans leur efficacité. Nous citerons la french tricolore, la sauvage, la peute. Cette première est un palmer avec 3 hackles de couleurs noir, roux et blanc que je vous présente aujourd’hui.

french tricolore by 6piedsurleau

Ce n’est pas le premier palmer à 3 plumes car auparavant dans les années 30, André Ragot montait des tricolores qui possédaient des cerques. La french tricolore imite une éphémère ou tout autre insecte (selon la taille du montage : éphémère, ou trichoptere), c’est une mouche d’ensemble particulièrement visible avec une flottaison haute sur l’eau. la french tricolore est conseillée sur les torrents ou les eaux rapides. Vous la monterez sur des hameçons du 12 au 18 et serez vigilant à bien adapter votre bas de ligne et la pointe afin d’éviter de vriller votre pointe et de déposer votre mouche de manière inadequate sur les eaux.

Citation d’Henri Bresson,

« […] Le soir, je montais quelques olives avec des hackle de Gabriel Née et à partir du lendemain la pêche fut miraculeuse. J’ai compris aussi à la suite de ce genre d’experience que (de pêcher avec une mouche sèche ayant une flottaison trop basse), si je voulais de bonnes mouches qui soient bien acceptées (ou prenantes), il fallait qu’elles flottent haut sur l’eau. Donc elles devaient être montées sur des hameçons très légers avec des plumes de très bonne qualité, pour flotter naturellement sans qu’il soit besoin de les graisser. J’ai compris également que les mouches trop fournies étaient moins prenantes. Plus tard, j’ai mis à profit toutes ces observations pour créer des mouches légères et  et aérées. Comme la french tricolore. »   in Le sorcier de Vesoul de Vincent Lalu

Je vous conseille la lecture de cet ouvrage (le sorcier de Vesoul), où Vincent vous apporte les reflexions et le bon sens de pêche qu’avait Henri Bresson, comme vous découvrirez dans quelles conditions il créa ses mouches.

 

french tricolore

Hook, TMC100 #14
Thread, Black B01 Veevus 14/0
Hackles, black & brown & white saddle feather cock

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Brune de mars, march brown

Cette grande éphémère (heptagenidae) apparait dès le mois de mars d’où son nom de March Brown, de Brune de Mars. Elle est présente parfois jusqu’en septembre. Elle apprécie les eaux vives avec parties rocheuses, fonds caillouteux, de moyenne montagne, et elle est également grandement présente en Europe. C’est la reine des eaux durant l’ouverture, comme les baetis rhodani (imitable par une sèche de type pheasant tail, ou une blue dun).

 

Charles Bowlker’s Art of Angling, 1854. mod. 3.

Pour les éphémères, les éclosions se produisent souvent par un temps couvert ou sous une fine pluie, de la fin de matinée au début d’après-midi. L’imitation présentée ci-dessous peut s’étendre à plusieurs espèces d’éphémère dans les tons bruns.

 

 

Observe et regarde encore,

Il y a des matins qui sont illuminés, tout d’abord par la lumière qui est bien différente ces derniers jours. Elle s’enveloppe enfin de tonalités orangées, des teintes chaudes pour te rappeler qu’un nouveau cycle advient. Tu le sents sur ta peau, dans tes os, que le printemps s’approche. Il arrive avec son cortège de lumière, de chlorophylle, les verdiers et leurs congénères théropodes clament son approche en fanfare et trompettes. Leurs chants virevoltent et le vent s’est lui-même débarrassé de ses attraits de glace pour danser à cette musique. Tu as le plaisir de rejoindre une eau en milieu de matinée, qui commence à faire apparaître son fond, car sa charge d’hiver, sa turbidité s’efface doucement. Alors avec concentration et impatience, je monte ma grande canne, il est fort à parier que je débuterai par une séance de pêche à la nymphe. Nous verrons par la suite en cours de journée, si la température est clémente pour permettre quelques éclosions et qui sait, avoir le plaisir de poser quelques mouches sèches. A ce moment de la journée, j’oscille entre observation et excitation car il est évident que les conditions sont particulièrement bonnes pour une partie de fouet.

Je reste un bon moment à observer l’eau, sur la partie qui sera mon début de parcours, elle est calme, luxe et volup…. et calme. La rivière parait réciter sa poétique, d’une roche à l’autre, sans avoir invité les insectes dans son cheminement, sans proposer un seul accent de ponctuation. La nymphe sera une March Brown, sur un hameçon de 14, avec une seconde mouche palmer, car l’eau ne me permet pas de pêcher complètement à vue. Je profite du temps qui passe, sans être haletant sur les posés, je prospecte les bords de berge méthodologiquement. Je sais que cette rivière est rigoureuse, et elle ne m’offrira pas de prise, si je ne m’applique pas à l’approche, au posé et au retrait de l’eau de mes imitations. Une première éclosion a  lieu car je m’approche de la fin de matinée, qui fait danser sous les arbres quelques bibios. Je suis en méditation face à ces changements comme plusieurs volatiles qui attendent, qui sont au guet, cela veut-il dire qu’une seconde éclosion va avoir lieu ? A chacun de mes pas sur les rives, j’apprends que je ne sais pas grand chose, que je reste bien ignorant face à la nature. J’apprends que l’observation ainsi que la patience récompense, bien plus un moucheur, que la frénésie du geste. A chaque promenade, je reviens avec un certain nombre de questionnements sur ce qui m’entoure et sur moi.

C’est sur un ponton de rondins de bois, enjambant les eaux que je découvre la deuxième éclosion. Comme nous prenions, avec mon fils, un court moment pour grignoter notre repas, sur la serviette posée au sol une éphémère est venue nous rejoindre. C’est toujours un moment si simple et fragile que d’être proche d’une espèce, on se demande si une connexion va se faire, si elle va reprendre son vol avant même que notre regard se soit posé sur elle dans le détail. Nous étions je pense disponibles et calmes, ainsi l’éphémère est restée de très longues minutes, comme coquette, nous permettant de la contempler. Il est possible que ce soit une Heptageniidae soit Epeorus, Rithrogena, Electrogena, ou Ecdyonurus ; qui sont des genres ayant 2 cerques. Avec l’approfondissement de mes connaissances, je pourrai peut-être un jour réussir à discerner avec plus d’aisance les genres au bord de la rivière.

Comment décrire ce qui se déroule par la suite, ces instants d’observation ont toujours un impact sur les choix que nous prendrons dans ce début d’après midi. On change la pointe de bas de ligne, la nymphe et sa taille, qui sera au bénéfice de très belles approches, voire parfois des refus haletants. En effet, sur une partie que j’affectionne, je pose une nymphe d’heptagenia sur le dernier tiers d’une accélération, d’un courant, qui précède une courbure du cours d’eau. J’arrive à rester dans la veine, avec ma soie qui se positionne sans tirer la nymphe. A moins d’un mètre de la fin du courant je perçois une forme sortir de sa cache, tout d’abord à vive allure, puis elle effectue une nage en arrière au même tempo que ma nymphe. Cette truite nage en « moonwalk » à 10 centimètres face à ma nymphe durant quelques secondes, je pense sans être sûr, le temps s’était figé. Elle recule donc, et se rapproche de mon regard, je la vois distinctement, je guette les ouïes et leur ouverture. Mais cela n’adviendra pas, la danseuse ne prendra pas mon imitation et accélère d’un coup d’un seul, vers une nouvelle cache. Je suis resté souriant au milieu des savonnières, car je pêche exactement pour ces sensations, pour ces moments d’échecs infimes ou de réussites.

La journée s’avance très légèrement, mes pas m’ont guidé vers des ombrages, et la rivière devient plus encombrée par la végétation. Les arbres l’étreignent, se posent sur ses rives, les occupent en lui faisant une haie d’honneur lassive. Cette partie sera délicieuse lorsque je pourrai remonter son cours au sein du flot, mais comme elle est difficile, exigeante, pourrai-je réussir un posé sous cet encombrement ? Je viens d’identifier un bruit, un son connu me laissant penser qu’une d’entre elles serait montée pour prendre son repas en surface. Lentement, j’avance et arrive à identifier la zone d’activité sous une révérence de branches, proche de la rive opposée à plus de 12 mètres en amont de mon poste. Un arbre parait me permettre de me glisser et d’avoir un angle, mais que faire, je ne peux pas fouetter. Si j’ai dans ma boite une sèche au corps vert/ jaune avec une aile blanche faite avec des petites plumes de colvert (mallard), je me lance pour un shoot en arbalète. Une première tentative me permet de poser délicatement mais sur la veine d’eau dans un axe plus court que les gobages qui se poursuivent. Je règle la distance, je bouge que très peu, j’attends, je me délecte de la voir monter avec régularité à la surface et puis je lache ma mouche. Sa trajectoire est très proche des branches, et elle se glisse jusqu’à la lisière de la berge, se pose à 80 centimètres en amont des gobages et descend jusqu’à… Pendu ! Je l’ai, sous l’effet d’un petit bouillon, mes doigts ont tirés légèrement la soie au gobage et ma canne s’est redressée que de quelques centimètres pour permettre le contact. La belle est ferrée, et mon cœur est prêt à jaillir de ma poitrine, je peux compter sur l’aide de mon fils pour lui redonner sa liberté. Je suis simplement heureux de nos aventures.

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Mayfly nymph, nymphe Danica

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Mayfly nymph, nymphe de mouche de mai

Les éphémères sont les plus anciens insectes ailés de la planète. Les larves peuvent vivre de quelques semaines à plus de 2 ans, la couleur dominante des larves d’éphémères tire vers le jaune-brun. Elles mesurent de 18 à 25mm.

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Nymphe Danica, photo de Jbi

Les larves d’éphémères possèdent un corps divisé en trois parties :

  • la tête
  • le thorax : composé de 3 segments visibles , il porte les fourreaux alaires qui sont absents chez les jeunes larves et qui apparaissent au fur et à mesure des mues. Au dernier stade, ils sont de couleur brun noir.
  • l’abdomen : composé de 10 segments. Il se termine par trois longs cerques. Des branchies*, bien visibles, mobiles et de taille variable, se situent sur les bords latéraux des 7 premiers segments de l’abdomen.
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Nymphe Danica

Les Larves d’éphémères Danica sont fouisseuses , elles affectionnent le substrat meuble (sable et vase) du bord des rives des lacs et rivières à courant lent ou fort. Grâce à des grandes mandibules proéminentes, elles y creusent des galeries en U dont les deux extrémités sont en contact avec la surface, galeries qui s’écroulent derrière elles du fait de la mobilité du substrat. Les pattes antérieures sont aplaties et servent de pelle. Les branchies sont plumeuses et repliées sur le haut de l’abdomen. Dans sa galerie, la larve ondule son corps de haut en bas pour créer un courant d’eau apportant l’oxygène nécessaire à la respiration.

Ephemeroptera (rhithrogena, baetis…)

L’éphémère, aussi appelée manne ou mouche de mai, se trouve en eau douce et oxygénée.

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Elle connait 5 stades différents durant sa vie : l’œuf, la larve, la nymphe, le subimago et l’imago.

Le cycle débute par l’œuf, enfermé dans une coquille rigide appelée chorion, contenant les substances nutritives, le vitellus. Le nombre d’œufs pondus est très variable suivant les espèces, il est compris généralement entre 500 et 3000 par femelle.

Les larves se développent, par mues successives, en un à trois ans sous l’influence de la température du milieu. La larve d’éphémère est parfois appelée naïade car elle est aquatique. Selon les groupes, les larves colonisent la majorité des substrats des milieux, agrippées aux pierres, galets, bois morts, ou se déplacent dans les interstices du substrat grossier (rampantes – larve de serratella ignita), ou entre la végétation (nageuses – nymphe de procloeon pennulatum), ou creusent des galeries dans le substrat plus fin (fouisseuses – ephemeria danica).

Les larves d’éphémères croissent par mues successives, cette larve subit de 15 à 25 mues avant de devenir adulte. L’abdomen est généralement prolongé par trois appendices, les cerques, le cerque médian (cercoïde) pouvant être réduit. La respiration se réalise par des trachéobranchies abdominales, de forme et de nombre variables selon les genres.

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On peut distinguer trois types de cycles vitaux en fonction de la durée et de la périodicité :

  • Une seule génération par an : Rhithrogena, Habroleptoides, Siphlonurus.
  • Deux générations par an et même parfois plus : certaines espèces du genre Baetis et Ecdyonurus.
  • Une génération tous les deux ans : Ephemera.

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À la fin de la phase larvaire, les larves émergent, en se hissant sur un support minéral ou végétal, soit en s’élevant vers la surface en pleine eau. Elles se transforment rapidement en subimago, aux ailes translucides et frangées, qui s’échappent du milieu aquatique par un vol lourd vers la végétation rivulaire où elles accomplissent généralement leur dernière mue. La prédation des éphémères par les truites a souvent lieu lors de cette émergence où les nymphes quittent leur refuge sous les pierres et les débris végétaux divers pour gagner la surface.

La période de vol débute vers la fin mars et peut s’étendre jusqu’en novembre, selon les espèces.

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Rhitrogena germanica, brune de mars

Les caractéristiques de l’éphémère

  • La subimago et l’imago ont un corps qui mesure entre 3 à 40 mm (sans les cerques)
  • Les ailes sont finement nervurées et rigides, généralement tendues à la verticale au repos, elles ne peuvent pas se replier en arrière au repos. Les ailes sont transparentes et parfois jaunâtres ou brunâtres, voire brillantes. Elles sont ornées d’une tache sur leur bord avant à l’extrémité de l’aile. La première paire d’aile est plus longue chez les mâles.
  • Antennes petites, composées d’articles courts et épais, prolongés par une soie fine.
  • Pièces buccales broyeuses chez les larves
  • Deux ou trois longs filaments multiarticulés : deux cerques entourant le paracerque central prolongeant l’abdomen. Le paracerque central peut manquer selon les genres.
  • Leur développement est de type hémimétabole, sans stade immobile entre la larve et l’adulte.

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Ephemera danica, la grande mouche de mai

Les mâles ont les pattes antérieures plus longues que celles des femelles, et présentent des forceps  à l’extrémité de leur abdomen. Ces caractères permettent l’accouplement. Les imagos (adultes) ont une vie brève, uniquement consacrée à la reproduction. Ils ne se nourrissent pas et n’ont d’ailleurs ni pièces buccales, ni tube digestif.

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Ouvrage magnifique de Paul Troël et Jacques Le Doaré (pour l’acquérir : http://troel.free.fr/)