A l’ombre d’une fleur

Il y a des choix qui parfois s’imposent à vous. Je m’éloigne de plus en plus des arguments de production High-tech, ou d’efficacité ; sans doute en mouvement de lutte face à leurs omniprésences dans le monde professionnel. Je préfère reprendre la main sur mon temps, chercher la poésie du mouvement, et déguster les posés au fil de l’eau et utiliser des objets d’un temps plus anciens qui sont toujours de manufacture fiable.   Cet automne, j’ai ralenti mes agitations, et limité mes faux lancers. Alors je me  rééquipe avec des cannes lentes, déjà car j’aime leur élasticité, et sentir cette soie se charger à l’image d’une inspiration profonde ancrée sur mon bras. Je trouve en 3 mouvements une meilleure respiration, un lancer plus précis et un posé bien plus sur des truites à vue que sur le centre d’une étendue aquatique à la manière d’un quarterback.

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Il en va de même pour mon moulinet, qui vient s’ajouter à ma canne US. J’ai trouvé un engin de fabrication américaine, qui par son âge, a mené son activité de l’autre côté de l’Atlantique. Ce « Pflueger 1554 » appartenait à un pêcheur expérimenté de  Pennsylvanie ; il présente un moyeu plutôt large en diamètre qui saura recevoir ma soie de 5. Pour la coquetterie, la bobine dessine une forme florale et il cliquette avec allégresse lorsque une fario vient à vouloir mener un combat. Pflueger est l’une des cinq plus vieilles entreprises américaines de fabrication de matériel de pêche.  En 1850, Earnest F. Pflueger, orphelin, immigre de sa Prusse natale avec frères et soeurs pour travailler comme mouleur à Buffalo, New-York. Il épouse Julia Dunnebeck, qui donnera naissance à un fils nommé Earnest A. Pflueger. En 1866, la famille déménage à Akron dans Ohio, pour établir en 1881 la Manufacturing Company Enterprise. Cette manufacture produira des hameçons, des bobines et des fils de pêches. Son fils travaillera auprès de lui dès l’âge de 15 ans. En 1916 la manufacture produira une large gamme de moulinets et changera de nom pour la EA Pflueger société. Cette entreprise sera considéré comme le premier producteur de moulinets aux Etats Unis dans les années 30. Elle sera acquise dans les années 60 par la société Shakespeare.

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Pflueger 1554, © 6piedsurleau blog

Mon 1554,

Pour le monter, j’ai usé d’un stratagème car le moyeux est constitué d’un axe central entouré d’un pentagone de barres. Même si je monte sur le pentagone une quantité importante de backing il reste une forme géométrique quelque peu anguleuse. Après ces premiers tests, il me parait certain que ma soie sera marquée rapidement ; quelle bizarrerie de voir passer des segments d’angles au dessus de l´eau. J’ai donc fixé mon backing sur le l’axe central, sous le pentagone de barres. Puis, j’ai crée un bande avec une lamelle fine de bois que j’ai déposé par dessus les 5 angles du pentagone, et qui me redonne un moyeux plutôt rond. La lamelle de bois est percée pour laisser passer le backing, ce dernier noué sur l’axe central. Je suis ravi du résultat qui me tiendra plus d´une saison certainement ; ma soie ne subit pas d´angles, qui pourraient altérer sa mémoire. Naturellement, je pratique un nettoyage minutieux en hiver et je lui prodigue un graissage pour que ses cliquetis puissent chanter dès le printemps et qu´à l´ombre de cette bobine fleurie je puisse capturer quelques salmonidés.

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Pflueger reels, © 6piedsurleau blog
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Les noeuds de raccords soie

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Je partage les quelques noeuds qui au bord de l’eau me permettent de réaliser les jonctions et d’éviter quelques décrochés. Le sujet de ce post n’a donc aucune vocation thérapeutique, je n’évoquerai pas les noeuds du cerveau avec vous. Ils sont variés (les noeuds de pêche) de la fixation au moulinet du backing, jusqu’à la mouche. Voici ceux que j’utilise pour ce premier post sur le raccordement soie.

Commençons par fixer le backing avec un noeud « Arbor » solide et simple, il est coulissant et auto-serrant  sur la bobine.

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Afin de raccorder le hacking à la soie, le noeud « Albright » me permet une fixation d’un volume raisonnable dans la bobine et solide. Lorsqu’il est finalisé par une goutte  de vernis UV, il a une forme d’olive et repasse dans les anneaux si vous veniez à faire une prise en diamètre de nylon fin en lac ou grande rivière. Ce noeud demande un peu d’entrainement afin de conserver les cercles jointifs et réguliers.

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Pour relier le bas de ligne (BDL) à la soie, j’utilise un outil et le nouage qu’il confectionne. Certains manient l’aiguille pour cette opération, mais je n’ai pas leur agilité et surtout j’ai eu des déconvenues, alors le Tie Fast me permet de réaliser cette jonction durablement.

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La finalisation du noeud « Nail » sera avec une goutte en forme d’olive de résine UV. C’est en entourant la pointe du Tie Fast par le BDL que le noeud en spires jointives sera réaliser.

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