Rencontre amicale, mouches imposées

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Domaine de Coyolles

The song of Wandering Aengus

I went out to the hazel wood,
Because a fire was in my head,
And cut and peeled a hazel wand,
And hooked a berry to a thread;
And when white moths were on the wing,
And moth-like stars were flickering out,
I dropped the berry in a stream
And caught a little silver trout

When I had laid it on the floor
I went to blow the fire aflame,
But something rustled on the floor,
And some one called me by my name:
It had become a glimmering girl
With apple blossom in her hair
Who called me by my name and ran
And faded through the brightening air.

Though I am old with wandering
Through hollow lands and hilly lands,
I will find out where she has gone,
And kiss her lips and take her hands;
And walk among long dappled grass,
And pluck till time and times are done
The silver apples of the moon,
The golden apples of the sun.

The song of Wandering Aengus, William Butler Yeats

 

Observe et regarde encore,

Il y a des matins qui sont illuminés, tout d’abord par la lumière qui est bien différente ces derniers jours. Elle s’enveloppe enfin de tonalités orangées, des teintes chaudes pour te rappeler qu’un nouveau cycle advient. Tu le sents sur ta peau, dans tes os, que le printemps s’approche. Il arrive avec son cortège de lumière, de chlorophylle, les verdiers et leurs congénères théropodes clament son approche en fanfare et trompettes. Leurs chants virevoltent et le vent s’est lui-même débarrassé de ses attraits de glace pour danser à cette musique. Tu as le plaisir de rejoindre une eau en milieu de matinée, qui commence à faire apparaître son fond, car sa charge d’hiver, sa turbidité s’efface doucement. Alors avec concentration et impatience, je monte ma grande canne, il est fort à parier que je débuterai par une séance de pêche à la nymphe. Nous verrons par la suite en cours de journée, si la température est clémente pour permettre quelques éclosions et qui sait, avoir le plaisir de poser quelques mouches sèches. A ce moment de la journée, j’oscille entre observation et excitation car il est évident que les conditions sont particulièrement bonnes pour une partie de fouet.

Je reste un bon moment à observer l’eau, sur la partie qui sera mon début de parcours, elle est calme, luxe et volup…. et calme. La rivière parait réciter sa poétique, d’une roche à l’autre, sans avoir invité les insectes dans son cheminement, sans proposer un seul accent de ponctuation. La nymphe sera une March Brown, sur un hameçon de 14, avec une seconde mouche palmer, car l’eau ne me permet pas de pêcher complètement à vue. Je profite du temps qui passe, sans être haletant sur les posés, je prospecte les bords de berge méthodologiquement. Je sais que cette rivière est rigoureuse, et elle ne m’offrira pas de prise, si je ne m’applique pas à l’approche, au posé et au retrait de l’eau de mes imitations. Une première éclosion a  lieu car je m’approche de la fin de matinée, qui fait danser sous les arbres quelques bibios. Je suis en méditation face à ces changements comme plusieurs volatiles qui attendent, qui sont au guet, cela veut-il dire qu’une seconde éclosion va avoir lieu ? A chacun de mes pas sur les rives, j’apprends que je ne sais pas grand chose, que je reste bien ignorant face à la nature. J’apprends que l’observation ainsi que la patience récompense, bien plus un moucheur, que la frénésie du geste. A chaque promenade, je reviens avec un certain nombre de questionnements sur ce qui m’entoure et sur moi.

C’est sur un ponton de rondins de bois, enjambant les eaux que je découvre la deuxième éclosion. Comme nous prenions, avec mon fils, un court moment pour grignoter notre repas, sur la serviette posée au sol une éphémère est venue nous rejoindre. C’est toujours un moment si simple et fragile que d’être proche d’une espèce, on se demande si une connexion va se faire, si elle va reprendre son vol avant même que notre regard se soit posé sur elle dans le détail. Nous étions je pense disponibles et calmes, ainsi l’éphémère est restée de très longues minutes, comme coquette, nous permettant de la contempler. Il est possible que ce soit une Heptageniidae soit Epeorus, Rithrogena, Electrogena, ou Ecdyonurus ; qui sont des genres ayant 2 cerques. Avec l’approfondissement de mes connaissances, je pourrai peut-être un jour réussir à discerner avec plus d’aisance les genres au bord de la rivière.

Comment décrire ce qui se déroule par la suite, ces instants d’observation ont toujours un impact sur les choix que nous prendrons dans ce début d’après midi. On change la pointe de bas de ligne, la nymphe et sa taille, qui sera au bénéfice de très belles approches, voire parfois des refus haletants. En effet, sur une partie que j’affectionne, je pose une nymphe d’heptagenia sur le dernier tiers d’une accélération, d’un courant, qui précède une courbure du cours d’eau. J’arrive à rester dans la veine, avec ma soie qui se positionne sans tirer la nymphe. A moins d’un mètre de la fin du courant je perçois une forme sortir de sa cache, tout d’abord à vive allure, puis elle effectue une nage en arrière au même tempo que ma nymphe. Cette truite nage en « moonwalk » à 10 centimètres face à ma nymphe durant quelques secondes, je pense sans être sûr, le temps s’était figé. Elle recule donc, et se rapproche de mon regard, je la vois distinctement, je guette les ouïes et leur ouverture. Mais cela n’adviendra pas, la danseuse ne prendra pas mon imitation et accélère d’un coup d’un seul, vers une nouvelle cache. Je suis resté souriant au milieu des savonnières, car je pêche exactement pour ces sensations, pour ces moments d’échecs infimes ou de réussites.

La journée s’avance très légèrement, mes pas m’ont guidé vers des ombrages, et la rivière devient plus encombrée par la végétation. Les arbres l’étreignent, se posent sur ses rives, les occupent en lui faisant une haie d’honneur lassive. Cette partie sera délicieuse lorsque je pourrai remonter son cours au sein du flot, mais comme elle est difficile, exigeante, pourrai-je réussir un posé sous cet encombrement ? Je viens d’identifier un bruit, un son connu me laissant penser qu’une d’entre elles serait montée pour prendre son repas en surface. Lentement, j’avance et arrive à identifier la zone d’activité sous une révérence de branches, proche de la rive opposée à plus de 12 mètres en amont de mon poste. Un arbre parait me permettre de me glisser et d’avoir un angle, mais que faire, je ne peux pas fouetter. Si j’ai dans ma boite une sèche au corps vert/ jaune avec une aile blanche faite avec des petites plumes de colvert (mallard), je me lance pour un shoot en arbalète. Une première tentative me permet de poser délicatement mais sur la veine d’eau dans un axe plus court que les gobages qui se poursuivent. Je règle la distance, je bouge que très peu, j’attends, je me délecte de la voir monter avec régularité à la surface et puis je lache ma mouche. Sa trajectoire est très proche des branches, et elle se glisse jusqu’à la lisière de la berge, se pose à 80 centimètres en amont des gobages et descend jusqu’à… Pendu ! Je l’ai, sous l’effet d’un petit bouillon, mes doigts ont tirés légèrement la soie au gobage et ma canne s’est redressée que de quelques centimètres pour permettre le contact. La belle est ferrée, et mon cœur est prêt à jaillir de ma poitrine, je peux compter sur l’aide de mon fils pour lui redonner sa liberté. Je suis simplement heureux de nos aventures.

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Le livre de Yaak

« Je me rends compte à présent que je commençai véritablement à souffrir du sort de la vallée à l’instant même où j’avais l’impression de m’adapter, d’avoir noué une relation avec le paysage. De m’être recrée et reconstitué afin d’acquérir un tempérament et des désirs appropriés à un tel décor. D’avoir vécu ce processus sans le combattre ou lui résister. À mesure que ce paysage devenait mon foyer, les blessures et les outrages devenaient miens.

Il est impossible de dire à quel moment un lieu devient un foyer, quand on y trouve sa place et la paix, pas plus que l’on ne saurait dire à quel moment une rivière s’adapte le mieux à la vallée qu’elle parcourt. Elle coule et change, elle se déplace et creuse un lit profond à certains endroits, étend son cours à d’autres. Elle charrie des sédiments, des rondins et des vies. Elle chante nuit et jour… »

Le livre de Yaak, de Rick BASS

 

Quel plaisir de lire ce livre,

Mayfly nymph, nymphe Danica

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Mayfly nymph, nymphe de mouche de mai

Les éphémères sont les plus anciens insectes ailés de la planète. Les larves peuvent vivre de quelques semaines à plus de 2 ans, la couleur dominante des larves d’éphémères tire vers le jaune-brun. Elles mesurent de 18 à 25mm.

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Nymphe Danica, photo de Jbi

Les larves d’éphémères possèdent un corps divisé en trois parties :

  • la tête
  • le thorax : composé de 3 segments visibles , il porte les fourreaux alaires qui sont absents chez les jeunes larves et qui apparaissent au fur et à mesure des mues. Au dernier stade, ils sont de couleur brun noir.
  • l’abdomen : composé de 10 segments. Il se termine par trois longs cerques. Des branchies*, bien visibles, mobiles et de taille variable, se situent sur les bords latéraux des 7 premiers segments de l’abdomen.
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Nymphe Danica

Les Larves d’éphémères Danica sont fouisseuses , elles affectionnent le substrat meuble (sable et vase) du bord des rives des lacs et rivières à courant lent ou fort. Grâce à des grandes mandibules proéminentes, elles y creusent des galeries en U dont les deux extrémités sont en contact avec la surface, galeries qui s’écroulent derrière elles du fait de la mobilité du substrat. Les pattes antérieures sont aplaties et servent de pelle. Les branchies sont plumeuses et repliées sur le haut de l’abdomen. Dans sa galerie, la larve ondule son corps de haut en bas pour créer un courant d’eau apportant l’oxygène nécessaire à la respiration.

Quand, dis moi quand ?

Nous avons construits depuis des temps illustres nos maisons et nos villages au bord de l’eau. De la plus simple construction, à la plus importante nous avons la nécessité d’être proche de cette ressource. Elle est bien plus qu’une ressource matérielle, et elle est devenue cruciale dans la course effrénée de notre société « moderne ». Je ne lance pas dans un écrits écolo-contestataire du libéralisme galopant, je vous rassure.

La rivière est pour moi, un élan de poésie et de méditation. De mes souvenirs les plus lointain, l’eau est présente. J’ai en mémoire ses couleurs, son courant qui vient marqué des ondulations au contact des roches ; la palette de tonalité des sables et gravières. Son microcosme, avec sous les blocs de minéraux les portes bois, dans les fonds ou algues les gammares et nymphes, ont été autant de moment d’observation lorsque nous récoltions avec nos bocaux. Et c’est dans les années 80, enfant, que je découvre d’où vient l’eau de ma rivière.

Penser qu’une pluie battante s’est abattue sur une vallée et une plaine, il y a des décennies pour alimenter les sources, cela vous change un gamin. Penser qu’en ce temps, sous cette pluie, un homme a travaillé à son métier de paysan, d’artisan. Que cette eau nous revient aujourd’hui, dansante et chantante dans le lit de notre rivière. Lorsque que je vais près de mes rives, voilà qu’elles sont mes pensées, à ce présent ancré dans le passé, à ce pont qui enjambe deux rives du temps. Peut-être que si je me fige, si je me mets à l’écoute, ma rivière me glissera quelques paroles de ces hommes. Je sais que bien de mes prédécesseurs l’ont regardé avant moi, que cette eau poursuivra son histoire vers nos enfants lorsque je serai depuis longtemps disparu. Alors j’attends dans une disponibilité de pensées que les minutes s’égrainent, du lever du jour aux premières éclosions, car dans ces moments tout est possible. Aux côtés de ma rivière, je me sens simplement être présent.

Coule pas chez nous !

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http://www.coulepascheznous.com

 

« Une vingtaine de microbrasseries québécoises se sont jointes au mouvement de la Fondation Coule pas chez nous! en créant une bièreu collaborative, un symbole pour demander la protection des cours d’eau.

La Fondation Coule pas chez nous! a lancé sa toute nouvelle campagne de sensibilisation mercredi à la microbrasserie La Barberie. Une bière spécialement conçue pour l’occasion a vu le jour et sera distribuée tout au long du mois de mars. Une partie des profits seront versés à la Fondation Coule p as chez nous! « 

Oléoduc Énergie Est: une bière pour sauver les rivières

Parce que Energie Est avec son projet d’oléoduc traverserait 860 ruisseaux, et qu’en cas de rupture cela mettrait fin à la faune et la flore, à des zones humides ! Egalement, cela sptopperait des activités, qui ont comme ressources l’eau ou le tourisme, et tout simplement un droit que tous les peuples puissent avoir accès à une eau pure et propre !

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Pour aller plus loin : http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1019692/une-biere-a-saveur-militante-creee-par-des-microbrasseurs-quebecois

Tout notre soutien aux tiens et à toi Anne-Cé !

 

 

 

 

L’orage

Te rappeles-tu ces matins, à prendre la voiture pour serpenter sur les routes, passer les ponts de pierres et longer les allées de châtaigniers, d’ormes ? Te rappelles-tu ces odeurs de forêts, de mousses et sur une cassette audio, il y avait ce Monsieur qui égrainait ses mots, ses textes, ses poèmes ? Georges est un musicien, un auteur, un homme que tu découvres et que tu apprécies différemment à chaque âge de ta vie ; tu peux entendre ces bons mots et rigolades quand tu es enfant ; adolescent, tu perçois sa conviction politique et ainsi de suite à chaque décennies du découvres une facette de ses textes. Georges est mon enfance,  ma rébellion, ma sensibilité et ma conscience politique.

Aujourd’hui il sera un orage…

« Parlez-moi de la pluie et non pas du beau temps
Le beau temps me dégoute et m’fait grincer les dents
Le bel azur me met en rage
Car le plus grand amour qui m’fut donné sur terr’
Je l’dois au mauvais temps, je l’dois à Jupiter
Il me tomba d’un ciel d’orage

Par un soir de novembre, à cheval sur les toits
Un vrai tonnerr’ de Brest, avec des cris d’putois
Allumait ses feux d’artifice
Bondissant de sa couche en costume de nuit
Ma voisine affolée vint cogner à mon huis
En réclamant mes bons offices

[…]

En bénissant le nom de Benjamin Franklin
Je l’ai mise en lieu sûr entre mes bras câlins
Et puis l’amour a fait le reste
Toi qui sèmes des paratonnerr’s à foison
Que n’en as-tu planté sur ta propre maison
Erreur on ne peut plus funeste

[…]

A partir de ce jour j’n’ai plus baissé les yeux
J’ai consacré mon temps à contempler les cieux
A regarder passer les nues
A guetter les stratus, à lorgner les nimbus
A faire les yeux doux aux moindres cumulus
Mais elle n’est pas revenue »

L’orage, de G. Brassens

Le sifflement

Un pêcheur informé est un homme averti. Il nous faut toujours prendre connaissance du bulletin météo pour permettre une sortie de notre repère. Plus les années passent et j’observe qu’une détérioration des prévisions de temps s’opère. Nous n’avons absolument pas une perte de connaissance atmosphérique, un niveau médiocre de météorologie, bien au contraire. Notre tendre terre est déboussolée et ne parvient plus, face à notre trop grande activité à conserver des cycles cohérents. Alors en homme averti, je décide de sortir mes cannes, avec une vérification le jour même des conditions climatiques, quitte à devoir affronter une très forte frustration si les nuages obscurcissent les futées.

C’est ainsi que je pris la route un jour de tempête annoncée, alors que le ciel était claire semé de fils de cotonneux nuages. Avec satisfaction, mon arrivée au domaine est accueillie par un éclat de sommeil ; au bord des rives, il y a quelques verdiers et mésanges, et surtout des salmonidés. Je peux dans ces conditions  débuter avec ma 8 pieds en fibre de verre, soie de 5. Cette canne est d’un jaune chaud, comme un bambou clair, qui se fond pourtant dans les roseaux. Je reste à observer, en ce début d’après midi, la surface immobile de l’eau. Le froid s’est retiré, emportant avec lui son emprise de glace, seules de petites bourrasque de vent viennent troubler le vert profond de l’étendue. L’activité est inexistante, mis à part des sillons qui filent sous la surface qui me laisse penser qu’elles sont légèrement en activité sous le plafond aquatique. Un air me trotte dans la tête et m’accompagne à l’assemblage de ma canne. Cette chanson des Red Hot Chili Peppers, « goodbye angels », est à la fois entraînante et d’un tempo raisonnable pour me permettre de profiter de ce moment délicieux de la pose du moulinet sous la poignée. Elle me rappelle mes années lycées, ce temps où tout est possible, ou la découverte humaine, littéraire, musicale vous assaille, vous bouleverse ; ce moment de votre vie où vous portez vos premiers amours et vos premières luttes en toute conscience.

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© 6piedsurleau blog

Je me suis préparé à l’éventualité, d’une piètre activité des salmonidés, alors que les eaux s’étaient figées par les températures hivernales ; je me suis activé sur des petites nymphes marrons, kakis, ou beige derrière mon atelier de montage. Je ne souhaite pas pêcher avec un unique indicateur de parapost, je me réserve cette technique pour les jours difficiles où les postes de bordures derrières de grandes savonnières ne m’offrent qu’une visibilité minime. J’ai dans ma boite un spent d’une couleur intense de feuille, même si je crains qu’au lancer cette vilaine imitation ne me vrille mon fil, je dois tenter. En repli, il me reste une petite sèche avec une flottaison très basse mais je préférerai la première imitation au couleur bien plus sombre. Pour l’instant, je m’applique sur chaque nœud, sur chaque pas qui m’approche de la rive et qui devront me permettre de poser ce train de 2 mouches spent / nymphe de type « Killer bug » revisitée.

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© 6piedsurleau blog

J’ai l’impression d’être un grand timide, au milieu du paysage sans mouvement, je n’ose pas troubler cette quiétude. Les nuages se referment au dessus de moi et l’eau prend des teintes bleus métalliques, le vent brouille légèrement la pellicule et imite les envolées d’étourneaux. Un moment de grâce flotte sur ma petite vallée, je l’achève par 2 faux lancers et une projection à plusieurs mètres vers le sole. La nymphe entre dans l’eau discrètement vue sa taille, et mon montage est bien proportionné car mon fil paraît ne pas être vrillé, le spent vient se posé en conservant une tension de fil, lentement. La langueur du tempo est primordiale sous des eaux statiques, mon nylon dégraissé disparaît à l’inverse rapidement..

Je me remémore ces temps, où avec Manu nous avions jeté nos vélos sur le bord de route et nous projetions nos fils pour imiter son grand-père. Je revois cet homme, qui gardait une odeur de bois sur lui, étant le menuisier et charpentier du village. Avec sa refendu, il marquait un arrêt qui me paraissait à mon jeune âge une projection de catapulte du moyen-âge. Le souvenir toujours présent de cette petite mouche au corps marron/orangé avec une tête en plume d’oie, me revient à chaque fois. Elle décrivait une trajectoire flottante, lorsque la soie était projetée et ainsi cette sêche se posait avec légèreté, fil tendu, juste en amont d’une roche.

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© 6piedsurleau blog

Je crois que je ne parviendrai pas à ce fil tendu, j’ai dû monter une avant pointe trop longue. Cela ne me dérange que peu, certes mon geste est peu esthétique mais je me régale à entendre parfois le sifflement discret de la soie. Mon train de 2 mouches fait fureur et à chaque posé je peux m’attendre à un gobage sur ma sèche et tout autant sur ma nymphe. Mon 12/100 s’abîme rapidement face à la cadence, je m’amuse et refait à plusieurs reprise ma pointe. Je ne croiserai, durant plus de quatre heures, aucun de mes contemporains et c’est de bonne augure. Je ne serai pas démasqué avec ce sourire béa aux lèvres, mes yeux brillants comme un enfant et mon petit sifflement sous mes allez retours de soie…

Vivement la prochaine prévision de tempête,

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© 6piedsurleau blog

Promenade normande

Il y a des dimanches, où nous trouvons toutes les forces nécessaires pour aller marcher. Marcher au bord de l’eau, père et fils, et un moment de bonheur.

© 6piedsurleau blog

La brume a deposé sur nos épaules, son léger manteau. Au petit matin l’eau était si calme, encore teintée par l’hiver.

© 6piedsurleau blog

Nous observons ensemble le parcours que nous devrons suivre dès le mois de mars, et discutons des postes et des imitations d’insectes à prendre dans nos boites. Les gammares seront bien sûr essentiels sur ces flots normands. Et nous ne manquons pas d’idées et d’envies de montages.

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nymphe en quill de paon, © 6piedsurleau blog

Notre chemin trouve enfin le soleil, en compagnon et la rivière se réveille.

La promenade dominicale, est vivifiante et agréable, un beau moment partagé à deux.

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